Final Fantasy et Dragon Quest ont toujours été les deux piliers du JRPG. Les deux licences de Square Enix ont bercé l'enfance et l'adolescence de nombreux joueurs, mais elles font désormais face à un problème générationnel : elles doivent réussir à attirer un nouveau public dans un marché où l'offre est toujours plus pléthorique. Pour Square Enix, la réponse semble toute trouvée. Avec la trilogie FF7 Remake et surtout FF16, la saga a clairement basculé vers une approche plus orientée action. Un virage que Dragon Quest 12 va lui aussi négocier au regard des premières informations sur le jeu, au risque de bousculer une formule historiquement ancrée dans le tour par tour. Et si la licence de Yuji Horii est elle aussi passée par la case remakes fidèles au gameplay d'origine, la question de l'avenir des épisodes numérotés reste entière. Et la dernière « innovation » évoquée par Yuji Horii ne va pas rassurer les membres d'une communauté pourtant fidèle.

Dragon Quest X se met à l'IA générative

Avec quatre remakes sortis à un rythme rapproché, la licence Dragon Quest est revenue en force dans la mémoire collective, et a peut-être fait son arrivée dans la bibliothèque de la nouvelle génération de joueurs. Mais un épisode reste longtemps resté hors de portée des Occidentaux : Dragon Quest X. Sorti en 2012 sur consoles et PC, le MMORPG continue de tourner exclusivement au Japon, et Square Enix vient de dévoiler une grande nouveauté pour « moderniser l'expérience » : l'intégration de Gemini, l'IA générative de Google. Cela prendra la forme d'un compagnon de route nommé Oshaberi Slimey (littéralement Slime Bavard). Les joueurs de Dragon Quest X pourront dialoguer avec ce bot, qui génèrera textes et dialogues entièrement générés et doublés par l'IA et sera capable de reconnaître ce qui se passe à l'écran,il commentera les nouvelles tenues, signalera la découverte d'objets rares et servira de véritable assistant, guidant le joueur et donnant conseils ou directions.

Pour Square Enix, cette initiative vise avant tout à faciliter la prise en main pour les nouveaux joueurs de Dragon Quest X, en réduisant notamment le sentiment d'être submergé par le flot d'informations dès le départ. « Les nouveaux joueurs ne se sentiront plus seuls, le jeu deviendra leur compagnon personnel », explique Takashi Anzai, responsable du développement de Dragon Quest X. Mais cette annonce a fait beaucoup réagir en Occident où la levée de boucliers contre l'IA continue. Beaucoup déplorent en effet la direction prise par Square Enix, d'autant que Google se félicite ce premier pas vers la démocratisation de l'IA dans les jeux vidéo.

dragon quest x

Des réactions vives de la communauté

« Ils n'ont pas compris qu'on ne veut pas de ça ? On lieu de nous fournir une traduction qu'on attend depuis plus de 10 ans », s'insurge un fan de Dragon Quest de longue date sur les réseaux sociaux. « Combien de temps avant que des joueurs ne le cassent et balancent des insultes ? », renchérit un autre. Des réactions qui contrastent avec le Japon, visiblement moins réactionnaire vers l'IA générative. Reste la grande question. Est-ce que cela signifie que cette orientation pourrait s'étendre aux futurs épisodes de Dragon Quest ? Ce n'est pas impossible, d'autant que Square Enix a fait connaître son intention de se pencher davantage sur le sujet, comme il l'avait fait avec les NFT et la blockchain quand c'étaient les buzzwords à la mode.

Source : sankei